Pierre-Jean Peltier et Laurent Cadot ont décidé de quitter leurs clubs pour Reims et Boulogne-Billancourt. Ces départs interpellent la Ligue de Lorraine qui veut réagir.

 Coup dur pour la Ligue de Lorraine d’aviron. Trois rameurs internationaux ont quitté leurs clubs. A Pont-à-Mousson, Coralie Simon arrête sa carrière et Pierre-Jean Peltier a choisi de défendre les couleurs de Reims. Quant au Verdunois Laurent Cadot, il retourne vers Boulogne-Billancourt.

Ces deux derniers changements de cap font naturellement grincer des dents à la Ligue. Gérard Rettien avoue tout de go qu’il est « tombé de l’armoire ». La chute est légitime. Dans les faits, Cadot continuera de vivre, de travailler et de s’entraîner en Lorraine mais il changera de bannière lors des régates. Un choix du cœur selon l’intéressé : l’ACBB est le club de son enfance.
Pierre-Jean Peltier a, lui, été séduit par « le projet sportif » de Reims. « Il a été le premier à nous quitter, regrette Rettien, alors que son père, l’entraîneur des équipes de France, s’est battu pour créer le Pôle France de Nancy. Moi, je déplore la fuite de nos talents. On fait tout le travail en Lorraine. On les forme dans nos structures avec des équipements cofinancés par la Région pour, à l’arrivée, faire les beaux jours des autres clubs. »

Conseillère technique régionale, Marion Jullien ne veut « surtout pas polémiquer » : « Ce sont des adultes. Ils font leurs choix et on sait aussi ce qu’on leur doit, dit-elle. Le sentiment qui prédomine, c’est tout de même la déception. On avait l’impression que ces rameurs étaient attachés à leurs clubs, qu’ils ne partiraient pas si facilement. On pensait aussi que l’insertion professionnelle ou qu’un projet sportif comme celui de Verdun, qui reste une référence chez les hommes, pouvaient suffire mais ça ne suffit plus. »

Vers des primes ? 
Le mal étant fait, la réflexion porte aujourd’hui sur la façon d’endiguer ce début d’exode, voire d’attirer des rameurs extérieurs. « Le problème va être soulevé, explique Gérard Rettien. Je vais demander aux clubs d’être plus agressifs dans la démarche et dans ce qu’ils proposent. J’aimerais aussi que les rameurs qui trouvent du boulot ou qui suivent la licence universitaire en Lorraine prennent une licence chez nous. »

 Le nerf de la guerre est financier, évidemment. « Les rameurs ont une famille et une carrière courte », rappelle le président de la Ligue. Ce dernier reste pourtant opposé à l’idée d’un salaire fixe, d’une professionnalisation. Il préférerait « verser des primes à la performance ». Marion Jullien rêve, elle, de l’arrivée d’un « partenaire privé ». Comme à Toulouse qui a pu enrôler Julien Bahain… 

Ces départs incitent enfin Gérard Rettien « à entendre ceux qui sont restés ». Le champion du monde « Germain Chardin en fait partie et je l’en remercie », explique le président. Qui conclut : « Il ne faut pas se voiler la face. On a intérêt à trouver des solutions pour fidéliser nos rameurs. Là, on accuse le coup mais on ne baissera pas les bras. »

Source le républicain Lorain